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jeudi 29 décembre 2011

Sous le porche ...

Nous nous retrouvions chaque soir "derrière" 


"Derrière", c'était dans le parc de la cité, chaque soir nous nous y retrouvions. Billes et matchbox à la main, nous tracions le circuit de notre soirée.Ça criait, ça chantait, ça rigolait, ça gagnait ou ça perdait. Il fallait attendre d'entendre: " Féfé Monta à la casa " pour  balayer d'un coup de pied ce qui nous avait occupé jusqu'au couché.
Nous pouvions aussi jouer au ballon, à la bagarre, plongé dans nos jeux de gosses, nous ne remarquions pas que les filles, elles étaient là assises à nous regarder. 
Tous héros, un jour c'était Féfé, le lendemain ce serait Kiko et puis un soir peut être le p'tit blondinet un peu timide que j'étais . Comme dans les cours d'école, chacun vivait son insouciance de son coté. 


Il me faudra bien des années et d'autres soirées pour percevoir ce qu'elles se disaient à ce moment là. Avec l'age, il est plus facile de  comprendre pourquoi elles se cachaient sous le porche pour épier chacun de nos gestes.

Le temps a passé, la timidité est restée. Finalement est ce si facile de parler ? 

Sous le pont de chemin de fer de Libourne.

vendredi 11 novembre 2011

20 Avril 1918

Je m'appelle Alexandre Dousdebés, je suis né à Libourne, le 20 Octobre 1899, Il y a 4 ans, j'ai vu pour la dernière fois mon cher père. Je n'avais que 15 ans, 15 ans de vie et déjà la mort si proche de nous.
Il devait partir pour quelques mois, juste le temps de faire la belle a ces bosches qui voulaient déjà le monde, le front aura raison de son enthousiasme.
L'état n'aura pas attendu longtemps avant de m'envoyer à mon tour vers les obus et les tranchées. L'odeur, le bruit, les cris, les pleurs et l'amitié. Une amitié dont il faut se protéger tant il est difficile de voir les uns et les autres disparaitre aussi rapidement qu'on les a connu. Alors j'écris, seul ce bout de crayon me lie aux miens et aux rêves de retrouver la vie simple mais sans ce bruit et cette odeur de morts et de poudre.
J'ai 19 ans, je pars pour le 14 eme régiment d'artillerie de Lourdes puis au 6 eme le 11 Juillet, dans 4 mois, ce sera fini ! fini ? ... pour 20 ans
Si les tués sont des héros mort pour la France, nous, ceux qui vivent, qui sommes nous ? des médaillers de la croix de guerre ... Ce n'est qu'en 1921 que je serais appelé sous les drapeaux, original pour quelqu'un qui à  déjà vécu une guerre pour sa patrie non ?

Les photos ci dessus sont ma propriété et celle de ma famille.
Photo 1 ( gauche ) : Pierre Alexandre Dousdebés
Photo 2 ( en haut à droite ): la 140 eme CA
Photo 3 ( au milieu à droite ) : 140 eme CA
Photo 4 ( en bas à droite ) : 14 eme reg.t d'Artillerie de Lourdes
 En cliquant ici, je vous propose d’accéder à un site qui regroupe plus de 4500 photos de groupe des différents régiments d'Artilleurs mais aussi Alpins, Infanterie, coloniaux, africains etc ...
Quelques images en sépia d'une vie que nous n'imaginons plus vraiment .Si 39/45 nous semblait surréaliste à l'école, imaginez 14/18 pour les gamins de 2008 ...
Pour voir aussi l’héroïsme des survivants, passez par les gueules cassées
Pas d'apologie du devoir de mémoire dans ce post, les médias, les anciens combattants et le gouvernement le font pour nous, juste un bout de vie d'un homme fier de sa vie et de ce qu'il en a fait.
à mon grand père .

lundi 15 août 2011

Les dames de France ! ...

"Viens mon petit !"


Comment refuser une telle invitation quand la demandeuse est si proche du stand de glace ? La dame légèrement voutée semblait ravie de savoir que j'étais le fils de la vendeuse qui venait de lui vider un peu plus son porte monnaie . 
Il faut croire que ma chère mère avait du faire son travail parfaitement pour que la p'tite dame veuille maintenant en plus me donner la pièce.C'est sur que celle ci finirait directement dans la poche de la marchande de glace .. Je regardais désespérément ma mère d'un air abattu, juste pour être certain qu'au contraire de ses habitudes, elle dirait "oui" ! 
La clim n'existait pas en ce temps là et c'est qu'il y faisait chaud dans son magasin, je tendais la main pour accepter et me contorsionnait le cou pour trouver le "oui" de ma mère .. par petits pas, j’avançais timidement jusqu'au moment où le regard de ma mère suivi celui de sa nouvelle cliente ... 

Mes épaules se relevèrent, ma tête se redressa et la pièce tomba dans ma main pour rebondir dans celle de la glacière !!! 
Après un "merci" de rigueur, c'est un "vanille , fraise" que ma toute nouvelle voix aiguë lança ... 

Le léger sourire de ma mère venait confirmer que je pouvais, à grands coups de langue, avaler mon premier achat !

C'était ça mes dames de France !


Aux Dames de France, grand magasin de Libourne (place de l’hôtel de ville ) à la place du supermarché actuel.

mardi 31 mai 2011

Inflation ...

C'est jour de paye ... 


Je me souviens du temps où ma mère me donnait 1 franc pour aller chercher une baguette, c'était au siècle dernier. Pas si loin le siècle dernier, à peine une dizaine d'année ne nous en sépare et pourtant ... 
Bien au chaud dans mon coin de lecture, Thuriès Magazine en main, je bloque sur l'édito du maitre Yves. quelques comparatifs entre ces quelques décennies porte à réflexion : 


Je cite :


.../..La tablette de beurre coutait ( ) 3.75 francs ( soit 0.57 € ) elle coute aujourd'hui 0.95 € soit une hausse de 48.8 %
La baguette de pain coutait 3 francs ( soit 0.45 €) elle coute aujourd'hui 0.90 € soit une hausse de 85 %
Un steak haché de 200 gr coutait 12 francs ( soit 1.83 €) il coute aujourd'hui 3.79 € soit une hausse de 107 % 
Une laitue coutait 4 francs ( soit 0.61 € ) elle coute aujourd'hui 1.50 € soit une hausse de 150 %
Des spaghettis coutaient 0.76 € le kg , ils coutent aujourd'hui 2 € soit 162 % de hausse
Le lait coutait 0.20 € le litre, aujourd'hui, il coute 0.56 € soit une hausse de 182 % .../...


Le SMIC horaire à 6.67 en 2001 est passé à 9 e soit une progression de 35 %


J'vais aller tirer des sous moi ... 

Seule rescapée d'une restructuration Libournaise ... Avenue du Maréchal Foch

vendredi 20 mai 2011

Les pièces de 2 francs ...

Se damner pour une chocolatine ...


L'argent n'était pas monnaie courante dans mes poches, pourtant parfois ma grand mère, qui n'aimait pas les pièces de 2 Francs m'en offrait quelques unes que je gardais précieusement pour le trésor de 4 heures ... 
Une par une, elles finiront dans la caisse de la dame au sourire. Pince à la main, elle prenait délicatement le travail du "pâteux" qu'il avait du faire avec soin tellement ses chocolatines étaient hors du commun. 


Pas un simple pain au chocolat, non , une chocolatine croustillante et couverte d'une fine couche de sirop craquant et brillant. Pas encore sorti de la pâtisserie de Monsieur Greil, je la dévorait des yeux, le sourire avait disparu, seule ma viennoiserie en main n'avait d'importance pour moi ... je sentais ma salive emplir ma bouche avant même d'avoir gouté cette douceur mais il allait falloir attendre, être patient. 


A 4 heures, j'allais m'assoir dans un coin de la cour, le temps d'une partie d'osselets pour les uns, d'une marelle pour les autres, j'ouvrais la poche pour en sortir le petit délice... hummmmmmmmmmm ...

Pâtisserie Collobert, 1 rue Roudier, Libourne ( Ex Pâtisserie Greil )

jeudi 12 mai 2011

Le Ying contre le yang ...

Ho l'autre, regardes le, il est tout en blanc...


Christophe, tout de blanc vêtu vient comme moi d'entrer dans  cette nouvelle école. Montré du doigt par les uns comme par les autres, j’espérai que ses grosses lunettes Chiraquiennes l’empêchaient de voir le spectacle dont il était l'acteur principal. 
Posé sous la cloche, tout était excuse à moqueries, il ne bougeait pas, ne réagissait pas. D'un pas hésitant, je m'approchais de lui pour échanger quelques mots que moi seul prononcerais. Il en faudra du temps pour effacer ce jour de rentrée. 
Christophe, c'était mon copain, mon frère. Nos situations dans une école Catho, c'était de la marginalité  à l'état pur. Nous étions tous deux l'exemple du mal alors que les autres devaient faire le bien ... A bien y réfléchir, je me demande si le mal était vraiment là où on le pensait . 
Bien plus tard, Christophe deviendra de ceux qui sont l'exemple du sport national: un champion de France ! le temps avait fait son travail, l'aviron aussi, avec 30 cm de largeur d'épaule en plus, le mal avait gagné le respect du bien ... 


Pourtant, le p'tit gars en blanc montré du doigt, c'était bien le même ...


Orphelinat Communal François Constant de Libourne. Cours Tourny

mercredi 11 mai 2011

Le sucre d'art !

Tu m'apprendrais à faire du sucre ?

En entrant dans la boutique, j'aperçois de suite ce nouveau titre "Thuries magazine", un livre dédié à la cuisine et la pâtisserie bien plus beau que ce que l'on trouve jusque là . Je feuillète rapidement les pages de ce trésor par sa qualité et son prix  ...
Au moment de changer mon doigt de place pour faire avancer les pages, je tombe sur une page qui me laisse songeur. Une publicité sur le musée du sucre, les images sont magiques, tout ce qui est sur ces photos serait fait en sucre ??????
Une révélation ! il fallait que je sache faire ça !
Il me faudra attendre plusieurs années et mon propre envol pour forcer Yohan à m'expliquer et à me montrer ce que l'on peut faire avec du sucre. Nos expériences sont rudimentaires, mais c'est un rêve qui se réalise et me voici avec du sucre et des brûlures plein les doigts .
L'ambition et les rêves peuvent parfois être simple, simplement transformer un bout de sucre, je me demande si c'est ce qui a fait rêver mon oncle Emile lorsqu'il a choisi de coiffer la toque de pâtissier, confiseur ?


Un jour je ferai du chocolat ...
75 ans entre ces 2 photos ... Mon oncle Emile. Pâtisserie Lopez à Libourne

lundi 9 mai 2011

Marginaux en culottes courtes ...

On se donne rendez vous au square !


On avait tous prévu notre coup, tout était bon pour se retrouver le samedi ou le Dimanche. Cette fois ci, à défaut de foire, ce serait un concert du 15 eme dragon. Comme d'habitude, nous n'écouterions rien, mais c'est entre les chaises de bois pliantes que nous naviguons pour jouer à cache cache ou au gendarme et au voleur. 
les militaires du 15 eme sont alignés au millimètre, un peu comme les chaises des visiteurs, finalement, il n' y a que nous pour mettre un peu de pagaille dans cette organisation au cordeau . 
De musique militaire en tubes d'époque préhistorique, ce qui nous amuse le plus c'est de pouvoir mettre un peu de désordre dans toute cette solennité. C'était notre "révolte" à nous.
Après les remerciements du maire, nous pouvions sauter sur nos vélos pour repartir comme nous étions venu. 


C'était une belle après midi de printemps

Le square du 15 eme dragon

dimanche 8 mai 2011

Le vieux boulanger ...

Fallait rater le car ... 


Tous les mardis, c'était sa sortie à la ville, il fallait aller chercher le gros pain de 4 à la boulangerie Libournaise. Tous les mardis , je pouvais partir avec lui en voiture, il était déjà très "vieux" et sa 4 L ne sortait que très rarement du garage mais je savais qu'il m'emmènerait comme à chaque fois. Il fallait passer le pont de Fronsac , longer les quais et remonter le cours des Girondins. On faisait le tour du 15 eme Dragon et on arrivait face au temple Libournais. Il se garait, on descendait, traversait la grande place de la croix rouge et nous arrivions dans cette boutique qui devait lui rappeler tant de souvenirs . 
Il ouvrait la porte, la boulangère lui faisait son plus beau sourire et comme chaque Mardi, elle avait préparé son pain. Il le prenait entre ses mains, le faisait craquer et le sentait, il le reposait, souriait à la boulangère à son tour. Doucement il se retournait et disait comme chaque Mardi " tu vois petit, ça c'est le meilleur pain de Libourne ! " il ajoutait une chocolatine, me la tendait, me mêlait les cheveux et me tapait sur l'épaule en me disant " et travaille aussi bien que celui qui fait ce pain" !

Je partait trottinant, c'était une journée qui commençait bien .

La gerbe d'or place de la Croix rouge à Libourne

samedi 7 mai 2011

Se poudrer le nez ...

Un petit piment ? 


Mon beau père, assez farceur à la malice de me poser régulièrement la question. Il sait qu'en plus de ne pas aimer, je ne peux en manger. Mais ça ne fait rien, à chaque repas que nous pouvons faire ensemble, j'attends presque le moment où il va essayer de me placer son piment . 
Je rigole de le voir manger ces trucs, à chaque fois, il a le nez qui se tord. Ses cheveux, toujours parfaitement orchestrés, vague en tête et source d'un châtiment parfumé dés le réveil se soulèvent d'un seul coup à la façon d'Asterix qui prend sa potion ! il sert les dents et puis lorsque l'affaire est passée, il plonge une seconde fois sa fourchette dans ce bocal pour aller pécher le suivant. 
De mon point de vue, c'est quelque part suicidaire ou alors il se peut qu'il n'aime pas son ventre ... ce qui est certain c'est qu'après visite chez le doc, bin c'est fini les p'tits piments au risque de perforer un peu plus ce qui l'est déjà . Ha on se moquait de moi quand je sirotais du dégrippant sous forme de Cola et qu'il a fallu arrêter ... 
Alors le "Bop" un p'tit piment ? 

Stand du marché de Libourne, un de ceux qui me font baisser la tête ...

mercredi 4 mai 2011

Une brune ...

Aller au marché comme aujourd'hui on va à Carouf ... 


Le panier prit dans les tendeurs sur le porte bagage et nous voici parti vers l'immense marché de Libourne. Le tour est toujours le même, passer chez tel et tel commerçant pour le pain, le lapin ou autre poulet et nous pouvions charger les vélos pour rentrer. 
Mais attention, pas question de rentrer sans s'arrêter à l'Orient. Les vélos posés le long du mûr, nous pouvions nous assoir en terrasse pour nous rafraichir. Devant mon orangina, je regardais ma grand mère, cette femme froide du nord  qui avait connu, guerre, exil, rejet, abandon... Elle était là dans son petit moment de souvenirs. J'étais triste de voir le regard que les gens lui portait, ils ne la connaissaient pas et étaient tous à la juger devant sa bière brune. 
Sa Pelfort brune, c'était son petit moment à elle, elle y retrouvait sa famille, ses frères et sœurs qu'elle n'avait plus vu  depuis des décennies, ça lui rappelait ces parties de pèches avec mon grand père et toutes ces années où ils avaient été heureux . 
Ces regards, elle, elle les ignorait, elle en avait trop vu, trop entendu, trop vécu pour s'attacher à ces yeux qui la fixaient . 
Peut être aurait elle du boire une blonde ? 

Le grand café de l'Orient, place Decazes à Libourne

mardi 3 mai 2011

La corvée du soir ...

A peine plié le sac qu'il faut déjà que je me mette en vrac !


Il est évident que le car ne m'attendra pas, me voici donc parti pour les 10 petites minutes qu'il me reste avant qu'il ne file sans moi . Même pas le temps de choper une choco, heureusement que ma grand mère est passé à midi m'en porter une, j'ai au moins gagné 2 / 3 minutes . Je remonte la rue Fonneuve, la marchande de fromage, qui, comme tous les soirs me voit passer en courant à le réflexe de mater sa pendule, si elle tord le nez c'est qu'il va falloir que je branche le turbo. 
Pas d'bol, elle à tordu le nez !, je traverse la place Abel Surchamps, en sautant par dessus les bornes, j'aperçois ma copine Christine qui me fait un p'tit signe de la main, à peine le temps de répondre, il faut maintenant que je remonte la rue Gambetta. Tu parles d'une affaire, ils viennent juste de la rendre piétonne, les voitures se mélangent aux passants, chacun cherche ses repères et bouscule ses habitudes. Cette affaire ne m'arrange pas, me voici obligé de faire des lacets entre les uns et les autres , puis elle monte cette rue ! pffffffffff j'ai le souffle en vrac, bin oui forcement les clopes fumées  en cachette, je les crache déjà...Puis ce sac, il est lourd! les livres pèsent de plus en plus lourd au fur et à mesure que j'avance . Il faut pourtant que je remonte la rue Chanzy, j'ai en vue la gare, mon attention se porte sur le bus, pourvu que je ne le croise pas !
Guimo, notre chauffeur préféré est cool, il a vu que je n'étais pas encore là, il patiente 2 ou 3 minutes, c'est tout juste ce qu'il me faut pour sauter dans le bus et rejoindre cette odeur de transpiration... Mais bon sang ! combien étions nous à courir ?

L'économat Libournais Rue Gambetta

Abandon ...

Sous le grand chêne, il était là à se reposer, le sommeil lourd et si détendu .


Nous, nous avions ramassé des fleurs, des fleurs des champs : graminée, marguerites, iris et même des géraniums sauvages... je recoupé ces jolies fleurs printanières pour en faire un beau bouquet, ma grand mère, elle , râteau à la main passait d'abord un coup autour de ce lieu si précieux. Puis tout en remplissant son bocal d'eau, elle jetait les vieilles fleurs .
Bouquet dans le bocal, posé directement à terre, je prenais un peu de temps pour aller retrouver quelques fleurs à sauver sur les monticules de fleurs fanées. Je suis certain de pouvoir en tirer encore quelques bouquets pour les enfants qui "trainent" un peu plus loin. Ils sont là, tout seul, on ne peut même pas jouer, mais ça ne fait rien, j'ai tant d'affection pour eux . Ma grand mère esquisse un sourire en me voyant offrir ces quelques fleurs à ces petits. Elle semble être fier de m'avoir transmis certaines valeurs. 
Mon grand père se repose toujours, il est accompagné maintenant de ma grand mère et ma mère, tous trois doivent sourire parfois en me voyant offrir quelques fleurs aux enfants qui "trainent" encore par là ...

Parfois la vie ... c'est la mort ! cimetière de Quinault à Libourne

dimanche 1 mai 2011

Vacances sauvages ...

Nous avions pourtant prit la bonne route, mais ce chemin si particulier ne nous menait pas où nous le voulions . 
La déjà vieille 2 CV fit preuve de patience lorsque d'un coup de volant, elle vira vers ce chemin de terre ... 

Nous étions à la recherche du petit coin, un petit coin tranquille qui nous permettrait de passer ces quelques vacances dans le silence. la poussière se levait sur les traces des pneus de la deudeuche, la route s'éloignait et j'avoue que je me demandais où ma mère m'emmenait ? il lui fallait un coin tranquille car c'est là qu'elle retrouverait son copain. A cette époque, je ne savais pas qui il était, il se nommait Francis, je comprendrai plus tard pourquoi elle devait trouver un coin bien caché. 

Après avoir fait plusieurs centaines de mètres, nous voici face à un portail, un portail immense. Il était envahi par les herbes et buissons, ma mère qui ne doutait de rien, descend et tente d'ouvrir cette montagne de ferraille .. sur un crissement aiguë, le portail laisse  passer son bras, puis elle s'engouffre dans cette végétation qui, pour moi n'était pas très rassurante. Elle disparait et c'est à ce moment que du plus profond de mon ventre, je sors un "mamannnnnnnnnnn" qui n'en fini pas, perdu au milieu de nul part, tout juste 6 petites années, me voici seul devant ce grand portail ... Le temps n'en fini pas, les secondes durent des heures et elle ne revient pas . 
Après au moins 10 heures d'attente qui n'ont peut être duré que 10 secondes, ma p'tite ( déjà très grande ) mère  re- apparait, me voici sauvé de ce grand guerrier qui se dressait devant moi dans son armure rouillée . 


Ce ne serait pas le bon coin, et croyez moi ... c'était tant mieux !

Le grand portail de l'ancienne place des Verreries .

samedi 30 avril 2011

Pour quelques miettes ...

Il est là, assit, miettes en main, les pigeons s'agglutinent autour de lui, picorant à la vitesse d'un Jive des fiftie's ... 
Il connait tout de ses pigeons, oui "ses" car il les connait par coeur, les aime et leur a même donné des noms. Arthur, Picasso, Raymond, René et bien d'autres encore . Il est là à leur parler, à leur raconter sa vie comme si chacun d'un pouvait lui répondre .

Son imagination est sans communes mesures, allant de ses souvenirs à ses rêves les plus fous, il leur raconte combien son fils aimait les cerfs-volants et quel serait sa cabane ce soir si seulement ... 

Si seulement il avait quelques sous à la sortie de la messe pour pouvoir acheter un bout de pain et revenir demain balancer quelques miettes à ses souvenirs... qui sait, peut être qu'a ses yeux, ces pigeons sont vraiment Arthur, Picasso, Raymond ou René ... et si au fond, c'était lui le véritable sauveur ? 

Son long manteau encore rempli de la poussière de sa nuit, sa barbe grisonnante, ses ongles noirs, salis à force de gratter la terre pour mieux se coucher, ses godillots troués qui laissent apparaitre ses chaussettes à repriser. Les pigeons, eux, ils s'en foutaient qu'il soit Clodo, eux, ils voulaient juste quelques miettes ...

Il les aimait lui ses pigeons ...

jeudi 28 avril 2011

Au fil des eaux ...

La vieille porte grince, c'est sombre, très sombre, il fait frais et ça sent la "vinasse". Il faut dire qu'a mon age, on est plus attiré par le coca que par le pinard ... le sol est mou, surement de la terre à peine battu, je me faufile entre barriques, bouteilles et table pour me retrouver devant une machine infernale... 
La lumière éclaire à peine ce trou dans lequel je dois entrer le goulot de la bouteille pour la "capsuler" , je contrôle à l'aveugle la qualité de mon travail et recommence sans cesse ce même geste qui à des allures d'entrainement lambadien ... 
Je me fais petit à petit à cette odeur qui une fois de plus imprégnera ma mémoire olfactive. Pendant que de me déhanche devant cette capsuleuse il est là à encoller des étiquettes. Il les pose sur une vitre pour qu'elles absorbent un peu la colle et la pose sur la bouteille en la regardant plusieurs fois pour être certain d'avoir bien centré ce bout de papier. 
Je le regardais sans trop savoir si je l'admirais ou si je le détestais, sensation bizarre pour ce gamin que j'étais. Il m'avait arraché à ma vie de marmot qui n'était qu'un chemin au fil de l'eau . 

A l'angle de la rue des tonneliers et du quai du Priourat

mercredi 27 avril 2011

Lorsque la détermination se nomme Alexia ...

" Le plus important : faire passer ce que vous ressentez " Georges, l'homme au col tricolore venait de m'expliquer en quelques mots tout ce que mon esprit artistique n'avait pas encore vraiment saisi. 

Nous avions fait la route jusqu'à La Beaujoire, la chambre à air été là pour modérer les chocs, cette fois ci, pas question de voir la moitié de la pièce casser à la vue de la destination. Arrivé au Serbotel, Le petit cuisinier allait pouvoir se mesurer à la horde de pâtissier locaux. Le thème était le cirque et au précédent concours on m'avait reproché d'être trop artistique ... Du Coup Georges avait raison, l'important était de transmettre de l'émotion et non pas de gagner ! je ne ferai donc plus que de l'artistique ... 



Aujourd'hui, Georges fait passer ses émotions et Alexia, une petite fleur chocolaté défend avec détermination  ce qu'elle ressent, joli cocktail à découvrir sous les arceaux ... 

Boutique" Chocolat  Georges Larnicol", place Abel Surchamps

mardi 26 avril 2011

Mimosa ...

Il était énorme cet arbre. juste à coté de cette volière faite pour les tourterelles par mon grand père. 
C'était au temps où il ne fallait pas oublier le soir, d'aller lire quelques livres dans ce recoin sombre et odorant . La lumière passait à peine à travers "l'as de pique" que mon oncle avait découpé et l'odeur était intenable, mais nous étions au fond du jardin, avec un peu de chaux et de paille, ça finissait en excellent fumier ...
Si bon fumier que l'arbre jaune, annonciateur du printemps venait y tremper ses racines. Il fallu se résigner à le couper pour ne pas risquer  de ne plus avoir de fumier ...


Il était si beau pourtant ...le Mimosa.

Boulevard de Quinault face au cimetière ...

Sur le balcon ...

Il n y avait pas beaucoup de place sur ce balcon de la cité Ribeyrol, pourtant il y en avait juste assez pour que je puisse m'y appuyer.  Il était bordé de Géraniums, d'hortensias et même d'un seau d'avance avec des pièces de monnaie dans l'eau pour être certain que les Hortensias restent bleus. Les canaris chantaient dans leur cage, combien de fois ai je eu envie d'en ouvrir la porte ? ! ...
Ils étaient tous en bas, juste là sous ce balcon. Un par un, je leur jetais les bonbons de cette boite énorme et bien rempli. Ma mère ne le savait pas , mais de toutes façons, qu'en dirait elle ? 
Peut être me trouverait elle trop généreux ? et puis c'était des cadeaux ces bonbons donc je faisais cadeau de mes cadeaux ... . Chocolats, sucreries, carambars et autres sucres pétillants, tout y passait.
Un jour de distribution, alors que mes copains picoraient, j'ai tout arrêté me demandant si je n'étais pas en train de les acheter un peu comme ces parents séparés qui veulent avoir les faveurs de leurs gamins... 
Le temps m'a apprit le partage, et c'est bien mieux comme ça ...
 
73, Cours Tourny

Détail du travail des tailleurs de Pierre sous le balcon ( qui n'en pas un )

lundi 25 avril 2011

Nous serons au rond !

Je me souviens du cliquetis que faisait la manivelle lorsqu'il fallait remonter le carrelet. Nous étions tous figé à regarder apparaitre le rond à la sortie de l'eau. Combien y en aura t il ? qu'il y  aura t il ? mangerons nous du poisson au repas ? 
Une fois relevé, quelques poissons sur-sautaient au milieu du filet. Le crissement du mat qui tournait vers la terre annonçait le moment où je pourrais me jeter au milieu du rond pour essayer d'attraper quelques poissons. Ils glissaient entre mes doigts et toute la famille riait autour de moi. C'était peut être ça le bonheur ... 
Ma grand mère avait déjà fait bruler un sarment et ma mère vidait et écaillait la pèche miraculeuse . C'était l'heure! l'heure où nous allions nous retrouver autour de cette table faite de planches de chêne pour manger au son des oiseaux, du courant de rivière. Une brise rafraichissait les rayons du soleil, chapeau de paille, herbes et fleurs sauvages, ça sentait bon le début de l'été .


Au pied du pont de chemin de fer, un carrelet sur les bords de la Dordogne