lundi 23 mai 2011

Kalagan ...

J'avais un ami ... 


Mon vieux copain, tous les soirs, je passais lui rendre visite, nous avions une petite conversation et puis nous nous séparions. 
Découpe du choux, du pain, des pommes, le tout dans une eau bien chaude pour le réchauffer un peu, il était là, seul sur sa paillasse, un p'tit coin pour ses besoins et sa vie se résumait à attendre ... Il savait que chaque soir je passerai le voir.Quand l'heure approchait, il se levait et commençait à tourner en rond en grognant un peu . 
Dés mon arrivée, il chantait, il sautait, heureux qu'il était de savoir qu'il allait manger, de savoir que je lui parlerais.

Chaque soir, c'était son rituel, son moment de chaleur, un peu comme un cadeau, le seul de la journée. Un jour, ils l'ont laissé sortir, si content de pouvoir courir et sentir le jardin, il allait vers son destin, ce serai sa dernière sortie, l'ultime. Un dernier moment avant de partir rêver de liberté. 



Je l'aimais mon cochon !

Échine de porc à la Franc Comtoise, Restaurant le Haut Mexant St Denis de Pile

dimanche 22 mai 2011

La lune ensoleillée.

Et puis c'est passé ... 


Ils auraient pu passer sans se voir, se croiser sans se retourner. Ils auraient pu ne jamais se regarder, ne jamais s'interpeler et pourtant ... 
Pourtant, un mot puis deux et les voici en train d'échanger, de communiquer, en train de se chercher . 


Un soir où la lune leur montrait le chemin ils se sont retrouvé, ils se sont trompé ... qu'en est il resté ? Une amitié ? quelle amitié ? Comment peut on si vite oublier ? si vite s'en passer ? La lune est passé, elle ne s'est pas retournée, elle a continué et puis le temps à passé... 


Ils étaient si jeunes ...

Statut du monument des Girondins, place des quinconces Bordeaux

vendredi 20 mai 2011

Les pièces de 2 francs ...

Se damner pour une chocolatine ...


L'argent n'était pas monnaie courante dans mes poches, pourtant parfois ma grand mère, qui n'aimait pas les pièces de 2 Francs m'en offrait quelques unes que je gardais précieusement pour le trésor de 4 heures ... 
Une par une, elles finiront dans la caisse de la dame au sourire. Pince à la main, elle prenait délicatement le travail du "pâteux" qu'il avait du faire avec soin tellement ses chocolatines étaient hors du commun. 


Pas un simple pain au chocolat, non , une chocolatine croustillante et couverte d'une fine couche de sirop craquant et brillant. Pas encore sorti de la pâtisserie de Monsieur Greil, je la dévorait des yeux, le sourire avait disparu, seule ma viennoiserie en main n'avait d'importance pour moi ... je sentais ma salive emplir ma bouche avant même d'avoir gouté cette douceur mais il allait falloir attendre, être patient. 


A 4 heures, j'allais m'assoir dans un coin de la cour, le temps d'une partie d'osselets pour les uns, d'une marelle pour les autres, j'ouvrais la poche pour en sortir le petit délice... hummmmmmmmmmm ...

Pâtisserie Collobert, 1 rue Roudier, Libourne ( Ex Pâtisserie Greil )

Ce soir, je s'rai tout seul ...

On avait juste envie de prolonger ce moment de vie ... 


Les oreilles bourdonnent encore de toute la musique qu'elles ont prit dans la "gueule", c'est fun d'avoir un verre à la main et de faire semblant de comprendre tout ce qu'elle raconte. Mais étant à coté de l'enceinte à hauteur du boomer faut avouer que le labial n'est pas toujours une évidence... 
Le gosier séché par l'alcool, les fringues puantes, Serré dans cette voiture, la proximité entraine ou provoque un peu plus le contact, il est temps de passer a ce qu'ils appellent "l'after". 
Notre "after" à nous, il se passe avec un bol de chocolat sous le nez, quelques chocolatines de l'ami Pierre et le breef de la soirée... Sanny, DJ fou, nous avait gratifié des plus belles de la région, brunes ou blondes nous savions que ça allait fumer pourtant nous repartirons comme toujours, entre nous et nos odeurs de tabac froid.

Quelques tendances paranos nous auront données l'occasion d'avoir été les travolta de la soirée, mais un truc était certain les oiseaux chantent aussi la nuit ...

La photo suivante à été prise par un ami à 4 h du mat à Bordeaux .Merci m'sieur Steph ;)

Vu sur la lune depuis le pont de Pierre à Bordeaux

dimanche 15 mai 2011

Rêves de vacances ...

La vue du pont, c'est bon signe !

La route n'était pourtant pas longue, mais elle semblait une éternité. La Simca 1000 ronflait, et le toit "flappait" tant il était chargé et mal bâché. Coincé entre glacière et sac de couchage psychédélique je n'avais pour seule vue le petit carré que ma mère avait laissé pour pouvoir me voir. Elle souriait, ses grosses lunettes marrons sur le nez, sa robe tout aussi délirante que les sacs de couchages, ça sentait le tuperware, la crème solaire et le pshit citron... 
La route de Castillon, droite et ensoleillée, nous finirions dans un camping au bord de la rivière sous les chênes et autres essences boisées, peut être le propriétaire me laisserait il monter sur le tracteur, peut être ferions nous cette année encore de grands feux pour cuire saucisses et pain grillé au son d'une guitare et de quelques paroles enchantées. 
Mon petit carré de vision m'offre la vue de ce pont ferré, c'est le signe que nous serons bientôt arrivé. tout juste le temps de se replonger dans ces quelques rêves de vacances ...


C'est simple parfois le plaisir ... 

Le pont Eiffel sur la Dordogne de Cubzac les ponts

samedi 14 mai 2011

Le Corneille ...

Le plus difficile, c'était de ne pas faire pitié ... 


Pour ne pas avoir besoin de parler, il suffisait de mettre 2 petites pièces dans cette boite à sous en alu et de la secouer pour laisser tinter la tirelire. 
Il n'était pourtant pas simple de faire plus de bruit que les grosses cloches de l'église mais le cœur avait bien plus de force que la fonte.
Fringué comme des gueux, croyant naïvement que l'église nous donnerait l'absolution, nous étions là pour susciter la bonté des âmes pieuses ... 

Une dame légèrement voutée, apparait de la pénombre de la grande porte, un foulard sur les cheveux, manteau noir fermé jusqu'au col, il faut croire que le voile actuel n'a rien de nouveau . Elle plonge sa main dans son grand sac, ses yeux  se relèvent, elle observe les boucles blondes secouées par ce vent d'automne ouvre son porte monnaie aussi noir que son foulard et sort un billet de 100 francs. Le plie et le replie, relève la tête et avec un sourire gauche, entre le billet dans la fente peu habituée à une telle délicatesse . 

Sa canne posée contre le mur, reprend sa courbe et repart vers la vie ... C'est là ou la ¨crédulité d'un enfant prend toute sa dimension, car il était devenu plus important d'avoir l'avance de ce Corneille pour gagner le cadeau du meilleur " quêteur " que d'avoir plus d'argent pour l'éducation de ces pauvres lépreux de Follereau.


Cette pauvre dame avait elle conscience de celui auquel elle aurait  le plus fait plaisir ? 

La grande croix du cimetière de Lugaignac

jeudi 12 mai 2011

on était pas né ...

Elle était belle cette vie là ...


Tous les phares sont éteints, on entend encore quelques radios, parfois Elvis, parfois les Platters ou autre Paul Anka. Dans le ciel, toutes les étoiles ont sorti leur plus belle lumière, une légère brise vient rafraichir cette nuit d'été.
Autour, ça rigole, ça chante, ça chuchote.Tout est sombre et il faut en profiter, les mains se rapprochent, les mains se serrent, chacun regarde en avant ne sachant pas ce qu'il fallait faire. Et puis leurs yeux se sont croisés, leurs joues rondes et rouges ne pouvaient que montrer leur timidité. ils s'approchèrent et pour la première fois leurs lèvres se touchèrent ...
Très vite la lumière s'allume et le film est projeté sur l'écran géant.
Mais au fond, ont ils imaginés la même histoire ? parce que ...
Elle était vielle la guimbarde, les sièges piquaient les fesses et le volant, bien rouillé n'aurait pas pu les emmener bien loin. C'était une drôle de soirée où parents et amis ne les ont pas surveillé .


4 ou 5 ans à peine, la vie devant eux, et déjà ils voulaient juste aimer !

Le drive in ...

Le Ying contre le yang ...

Ho l'autre, regardes le, il est tout en blanc...


Christophe, tout de blanc vêtu vient comme moi d'entrer dans  cette nouvelle école. Montré du doigt par les uns comme par les autres, j’espérai que ses grosses lunettes Chiraquiennes l’empêchaient de voir le spectacle dont il était l'acteur principal. 
Posé sous la cloche, tout était excuse à moqueries, il ne bougeait pas, ne réagissait pas. D'un pas hésitant, je m'approchais de lui pour échanger quelques mots que moi seul prononcerais. Il en faudra du temps pour effacer ce jour de rentrée. 
Christophe, c'était mon copain, mon frère. Nos situations dans une école Catho, c'était de la marginalité  à l'état pur. Nous étions tous deux l'exemple du mal alors que les autres devaient faire le bien ... A bien y réfléchir, je me demande si le mal était vraiment là où on le pensait . 
Bien plus tard, Christophe deviendra de ceux qui sont l'exemple du sport national: un champion de France ! le temps avait fait son travail, l'aviron aussi, avec 30 cm de largeur d'épaule en plus, le mal avait gagné le respect du bien ... 


Pourtant, le p'tit gars en blanc montré du doigt, c'était bien le même ...


Orphelinat Communal François Constant de Libourne. Cours Tourny

mercredi 11 mai 2011

Le sucre d'art !

Tu m'apprendrais à faire du sucre ?

En entrant dans la boutique, j'aperçois de suite ce nouveau titre "Thuries magazine", un livre dédié à la cuisine et la pâtisserie bien plus beau que ce que l'on trouve jusque là . Je feuillète rapidement les pages de ce trésor par sa qualité et son prix  ...
Au moment de changer mon doigt de place pour faire avancer les pages, je tombe sur une page qui me laisse songeur. Une publicité sur le musée du sucre, les images sont magiques, tout ce qui est sur ces photos serait fait en sucre ??????
Une révélation ! il fallait que je sache faire ça !
Il me faudra attendre plusieurs années et mon propre envol pour forcer Yohan à m'expliquer et à me montrer ce que l'on peut faire avec du sucre. Nos expériences sont rudimentaires, mais c'est un rêve qui se réalise et me voici avec du sucre et des brûlures plein les doigts .
L'ambition et les rêves peuvent parfois être simple, simplement transformer un bout de sucre, je me demande si c'est ce qui a fait rêver mon oncle Emile lorsqu'il a choisi de coiffer la toque de pâtissier, confiseur ?


Un jour je ferai du chocolat ...
75 ans entre ces 2 photos ... Mon oncle Emile. Pâtisserie Lopez à Libourne

Voyage, voyage ...

Je l'ai vu comme je l'avais imaginée. 


La terre s'éclaircissait, l'herbe disparaissait, quelques arbres survivaient, la nature changeait. Le soleil n'était pas avare d’illumination et les couleurs étaient bien plus vives. J'arrivais au pied de mon rêve. Le sol brulant troublait la vue et au loin ... la mer ! la Méditerranée d'un bleu que je n'avais que rarement trouvé aussi beau. Quelques voiles prenaient le vent, ce vent qui semblait n'être là que pour rafraichir le visage transpirant sous la puissance du soleil. 
Les bougainvilliers passaient par dessus les maisons de pierres blanches ou colorés à la chaux. Le temps semblait s'être arrêté, juste un petit moment pour lancer quelques boules ... Là, ce n'était pas calme, c'était chantant, les cigales, les paroles, le vent dans les feuilles d'olivier, tout chantait jusqu'aux pieds qui trainent sur le sol. 
J'en avait tellement rêvé, que rien ne pouvait me manquer, si peut être un parasol ...


Un jour, je reviendrai ... 

Croquant Provençal, concombre et pistou ... (Restaurant le Haut Mexant St Denis de Pile )

La vie au vert ...

A quatre pattes, mains gantées le chien dent n'avait aucun secret pour moi . 


Ce matin au marché, de passage sous les arceaux du centre ville, juste devant l'entrée de la Mairie, le jardinier Guerrin nous explique qu'il faut couper les feuilles des plans de salade à moitié pour être certain que la prise soit rapide. Avec ça, nous sommes paré pour aller planter toutes ces graines et verdures qui devraient rapidement envahir notre carré de jardin.
Le jardin ouvrier ! un p'tit coin bien à nous mais à partager. chacun à sa façon de faire mais tous n'ont que conseils à donner .
" Saviez vous que si vous effeuillez le bas de vos plans de tomate et que vous mettez cette parti en terre, elles auront besoin de moins d'arrosage et elles produiront plus ! " . Alors là ! ça c'est du conseil, ma grand mère qui vient de la haut à plus l'habitude de planter patates et betteraves, mais elle s'adapte à tout ma grand mère, rien ne la fait reculer . Nous voici en train d'effeuiller les tomates , nous devrons attendre 2 / 3 mois pour en connaitre le résultat. 


Vous, j'sais pas , mais moi, les tomates, je les effeuille avant de les caler en terre !

Jardin de grand mère St Gemme les carrières ( 17 )

mardi 10 mai 2011

Pain , beurre et chocolat ...

Après toutes ces heures concentré sur un sujet qui me dépassait, il était temps de plier le sac et de sortir de ce lieu pour cerveau développés et pouvoir enfin se retrouver entre gens civilisés. 


Bin oui, en quoi était il une évidence sympathique de vouloir absolument comprendre la relation de Pitha .. pita ( c'est du pain ça ... ) ... pita comment déjà ? gore ? ha oui, c'est ça , gore, Pythagore, l'homme qu'était gore avec tous les petits n'enfants que nous étions ... 
Ouii c'est vrai que nous n'étions plus vraiment des enfants, mais encore suffisamment pour être obligé de ne pas quitter le circuit méningique ... oui, c'est un mot que je viens d'inventer, et alors ? ils en ont bien inventé eux aussi non ? tous ces gens qui voulaient que nous soyons tous beau fort et ... oui, bon bin pour l'instant moi, ça me va si je suis beau et fort , pas besoin d'être intelligent, j'en voudrais encore plus et ça ne me laisserai pas de temps pour mon ... 4 Heures !


Avec un peu d'énergie peut être que j'arriverai à le comprendre ce monsieur Pythagore ... De toutes façons, c'était d'un théorème dont il voulait me parler ...

Coulant chocolat sans farine ( Restaurant le Haut Mexant St Denis de Pile )

lundi 9 mai 2011

Marginaux en culottes courtes ...

On se donne rendez vous au square !


On avait tous prévu notre coup, tout était bon pour se retrouver le samedi ou le Dimanche. Cette fois ci, à défaut de foire, ce serait un concert du 15 eme dragon. Comme d'habitude, nous n'écouterions rien, mais c'est entre les chaises de bois pliantes que nous naviguons pour jouer à cache cache ou au gendarme et au voleur. 
les militaires du 15 eme sont alignés au millimètre, un peu comme les chaises des visiteurs, finalement, il n' y a que nous pour mettre un peu de pagaille dans cette organisation au cordeau . 
De musique militaire en tubes d'époque préhistorique, ce qui nous amuse le plus c'est de pouvoir mettre un peu de désordre dans toute cette solennité. C'était notre "révolte" à nous.
Après les remerciements du maire, nous pouvions sauter sur nos vélos pour repartir comme nous étions venu. 


C'était une belle après midi de printemps

Le square du 15 eme dragon

dimanche 8 mai 2011

Le vieux boulanger ...

Fallait rater le car ... 


Tous les mardis, c'était sa sortie à la ville, il fallait aller chercher le gros pain de 4 à la boulangerie Libournaise. Tous les mardis , je pouvais partir avec lui en voiture, il était déjà très "vieux" et sa 4 L ne sortait que très rarement du garage mais je savais qu'il m'emmènerait comme à chaque fois. Il fallait passer le pont de Fronsac , longer les quais et remonter le cours des Girondins. On faisait le tour du 15 eme Dragon et on arrivait face au temple Libournais. Il se garait, on descendait, traversait la grande place de la croix rouge et nous arrivions dans cette boutique qui devait lui rappeler tant de souvenirs . 
Il ouvrait la porte, la boulangère lui faisait son plus beau sourire et comme chaque Mardi, elle avait préparé son pain. Il le prenait entre ses mains, le faisait craquer et le sentait, il le reposait, souriait à la boulangère à son tour. Doucement il se retournait et disait comme chaque Mardi " tu vois petit, ça c'est le meilleur pain de Libourne ! " il ajoutait une chocolatine, me la tendait, me mêlait les cheveux et me tapait sur l'épaule en me disant " et travaille aussi bien que celui qui fait ce pain" !

Je partait trottinant, c'était une journée qui commençait bien .

La gerbe d'or place de la Croix rouge à Libourne

samedi 7 mai 2011

Merci Tonton ! ...

Dis papa ? y a combien de couleurs dans un arc en ciel ? 

Cannes à la main, nous sommes face à la horde de calicobas qui n'attend que le plongeon de l'asticot pour se jeter dessus. .Chaque Dimanche, mon oncle trouvait toujours quelque chose pour nous occuper. La pèche, les champignons, les balades, le monopoly etc ... à aucun moment nous ne restions à rien faire. 

La météo dirigeait  nos après midi dominicale. Ce jour là, soleil annoncé, mon p'tit cousin en profitait pour se servir de moi comme appât en m'accrochant l'œil à l'hameçon ... le temps se brouillait et c'est profitant de chaque instant que mon oncle nous apprenait ce qu'il savait de la vie et de la nature.
La météo n'avait pas prévu ces nuages noirs qui fonçaient vers nous, elle n'avait pas prévu non plus ces quelques gouttes qui allaient nous gratifier d'un magnifique arc en ciel ! C'est ce jour là que j'apprendrais tous les secret de ce miracle naturel. 


- 7 Couleurs ma fille, un arc en ciel est composé d'une multitude de couleurs, mais 7 sont dominantes !
Comment je me la pète sur ce coup là !!!

Alors ? combien de couleurs ?